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Saubusse, la petite station landaise qui réinvente le thermalisme.

Arnaud Laborde, ex-maire et directeur du plus petit établissement thermal des Landes, mais aussi le plus à l’ouest, semble s’étonner d’être depuis l’an dernier à la présidence du Cluster thermal Nouvelle-Aquitaine.

Ce Cluster s’est élargi au-delà des Landes, sur le modèle de la région Rhône-Alpes, et le plan thermal de Nouvelle-Aquitaine dispose d’un budget de 25 millions d’euros. Ils cherchaient un président landais, mais pas dacquois, lance le directeur, qui reconnaît volontiers « s’occuper des tuyaux » plutôt que de marketing internet, dans son propre établissement. Une modestie qui cache en vérité une envie de bousculer les codes et de miser sur l’innovation pour satisfaire le curiste de demain.

En attendant, son fils Arthur constate que sa sollicitude après des curistes a payé. Sur le site lescuristes.fr, les thermes de SAUBUSSE se classent tout simplement « première station de France » devant Vittel ou la Roche Posay. « Nous n’avons pas les moyens des grandes stations thermales, donc quand on voit l’occasion d’être bien positionné sur un site particulièrement consulté, c’est comme du bouche-à-oreille ... Mais sur internet ! »

« Avec 9 % de progression cette année, nous avons atteint le maximum de capacité de la station »

Capacité maximum

Depuis cinq ans, Arthur Laborde met progressivement les mains dans le cambouis des affaires familiales :

« Avec 9 % de progression cette année, nous avons atteint le maximum de capacité de la station. Les premiers soins thermaux débutent à 5h30, et ça s’enchaîne jusqu’à 13 heures. L’après midi, pour l’instant, est consacrée à d’autres activités, aux mini cures, aux soins de bien-être, qui se développent... Nous avons notre propre source d’eau chaude, notre boue, nous sommes donc 100% indépendants »

Les cures l’après midi, pour l’instant, le père s’y refuse : « Nous avons aussi un vrai problème de recrutement de kinésithérapeutes, je dois rencontrer le préfet cette semaine pour faire bouger les choses. »

L’autre réussite des Laborde, depuis l’achat d’installations archaïques par l’arrière grand-père en 1922, c’est d’avoir développé ces dernière années une gamme de cosmétiques unique, en utilisant les ressources locales, aussi originales soient-elles.

Montée en gamme

« Beaucoup de curistes nous parlaient des effets bénéfiques qu’ils avaient ressentis sur leur peau, même plusieurs semaines après être rentrés chez eux. Nous avons alors eu l’idée de créer un spray d’eau thermale, comme le faisaient déjà quelques grandes stations renommés. La difficulté, c’est que pour trouver un industriel qui peut conditionner cette eau dans un spray, il faut carrément aller voir de l’autre côté du pays. Nous avons trouvé un partenaire, dans la région Lyonnaise qui se chargera aussi de la distribution. Nous avons fait réaliser une étude dermatologique par un laboratoire indépendant, pour pouvoir revendiquer un véritable effet bénéfique sur la peau, attesté scientifiquement. »

La semaine dernière, un poids lourd est venu charger les cuves de 1000 litres d’eau de Thermale de Saubusse, pour pouvoir produire entre 60 000 et 80 000 unités. « Ce sera notre produit d’appel. J’ai étudié le marché en Asie, où ils sont très friands des sprays thermaux, surtout dans les grandes villes. Et puis il y a l’image française, la garantie d’excellence, donc nous cherchons un distributeur sur place. » En février, Arthur Laborde attaquera lui-même le démarchage, d’abord auprès des parapharmacies de l’ex Aquitaine, puis au-delàs.

100% de produits locaux

Les Laborde n’en sont pas à leur coup d’essai : toute une gamme de cosmétiques a été développé localement en partenariat avec un bio-laboratoire, situé à Amou, au cœur de la Chalosse. Chez Art&Cos, on prépare des crèmes, du lait corps, des soins pour le visage ... « Depuis un an, nous avons fait certifier un certain nombre de soins. Comme le gommage landais : Avec des rafles de maïs, nous avons lancé sa fabrication à Baigts, chez Casa Nature, ce produit a reçu le prix de l’innovation dans le département Landais et fini 2ème de la région Aquitaine dans le cadre d’un concours avec la Chambre des métiers. Nous avons aussi un baume de massage, aux senteurs de pin des Landes et au kiwi ... »

S’il ne s’agit pour l’instant que d’une activité annexe, et que la production reste modeste, le 100% local a le vent en poupe. Reste à trouver des points de vente, et séduire au-delàs des curistes, déjà conquis.